Les retards de paiement en France sont devenus un véritable frein à l’économie française. Longtemps considérés comme un simple désagrément administratif, ils s’imposent désormais comme un facteur majeur de fragilisation des entreprises, en particulier des PME et TPE.
Un reportage récent de France Info, s’appuyant notamment sur un sondage OpinionWay pour GoCardless et une étude du cabinet Altares, met en lumière une réalité préoccupante : les retards de paiement sont devenus la norme en France, avec des conséquences directes sur la trésorerie, l’investissement et l’emploi.
1. Retards de paiement en France : une situation préoccupante
1.1 12 % des petites entreprises envisagent de fermer
Selon un sondage OpinionWay pour GoCardless, révélé par La Tribune et repris par France Info, 12 % des entreprises de moins de 50 salariés ont déjà envisagé de clore leur activité à cause des retards de paiement.
Ce chiffre est particulièrement alarmant : il est deux fois supérieur à la moyenne toutes tailles d’entreprises confondues.
Autrement dit, les petites structures sont les premières victimes de ces pratiques.
1.2 La France parmi les mauvais élèves européens
La France fait partie des pays ayant connu la plus forte dégradation des retards de paiement en Europe sur un an.
La France se situe sous la moyenne européenne, entre l’Italie et l’Espagne, tandis que des pays comme :
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les Pays-Bas affichent un retard moyen de seulement 3 jours,
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l’Allemagne présente également des délais plus maîtrisés.
En France, moins de la moitié des entreprises règlent leurs fournisseurs à l’heure.
2. Des retards qui s’allongent et se généralisent
2.1 Les grandes structures paient plus tard
Les données montrent que plus les entreprises ou organismes publics sont grands, plus leurs retards sont longs.
Le phénomène ne concerne pas uniquement le secteur privé : les organisations publiques sont également pointées du doigt pour leurs délais excessifs.
Ce déséquilibre fragilise directement les petites entreprises, souvent dépendantes de grands donneurs d’ordre.
2.2 Une tendance appelée à se détériorer
La majorité des chefs d’entreprise interrogés estiment que les délais de paiement vont encore s’allonger d’ici 2026.
Cette anticipation pessimiste traduit une perte de confiance dans la capacité du système économique à réguler ces pratiques.
3. Quelles conséquences économiques des retards de paiement ?
3.1 Une pression directe sur la trésorerie
Les retards de paiement ne se limitent pas à une gêne administrative. Ils impactent directement la trésorerie.
Selon le sondage cité :
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9 entreprises sur 10 déclarent perdre de l’argent à cause des retards de paiement.
Les conséquences sont concrètes :
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report d’investissements,
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gel des recrutements,
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lancement de nouveaux produits retardé,
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ralentissement du développement.
3.2 Un sujet difficile à aborder
Malgré les dispositions légales prévoyant des pénalités de retard, plus de la moitié des entreprises évitent d’aborder le sujet avec leurs mauvais payeurs.
Plus préoccupant encore :
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8 entreprises sur 10 se disent prêtes à perdre jusqu’à 20 % de leur chiffre d’affaires annuel pour éviter ces conversations.
Cette donnée illustre le malaise autour du sujet du paiement en France.
3.3 Une inflation indirecte
Face à ces difficultés, près de 3 entreprises sur 10 augmentent leurs prix pour compenser les pertes liées aux retards.
Les retards de paiement ont donc un effet inflationniste indirect, qui pénalise l’ensemble du tissu économique.
4. Pourquoi les retards de paiement en France sont devenus structurels ?
4.1 Une culture de paiement dégradée
Les études d’Altares montrent que la France connaît l’une des plus fortes dégradations annuelles en Europe. Ce n’est plus un phénomène marginal, mais une tendance structurelle.
4.2 Un rapport de force déséquilibré
Les petites entreprises hésitent à faire appliquer la loi par crainte de perdre leurs clients. Ce déséquilibre alimente un cercle vicieux où le retard devient la norme.
5. Quelles solutions face à la montée des impayés ?
5.1 Structurer le suivi des encaissements
Un encaissement maîtrisé repose sur :
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un suivi régulier des échéances,
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des relances professionnelles et anticipées,
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une organisation claire des responsabilités internes.
5.2 Professionnaliser la gestion des impayés
Face à l’augmentation des retards, certaines entreprises choisissent de structurer leur gestion des créances en s’appuyant sur des acteurs spécialisés dans la prévention et le recouvrement amiable.
Des cabinets comme CBS Groupe Etic accompagnent les entreprises dans la sécurisation de leurs encaissements, tout en préservant la relation commerciale, afin de limiter l’impact des retards sur la trésorerie.
L’objectif n’est pas de durcir les échanges, mais de professionnaliser le suivi.
Les retards de paiement en France ne sont plus un simple irritant administratif. Ils constituent un véritable risque économique, en particulier pour les petites entreprises.
Avec 12 % des PME envisageant une fermeture et 9 entreprises sur 10 impactées financièrement, la situation révèle un problème structurel qui affecte l’investissement, l’emploi et la compétitivité.
Face à cette réalité, structurer l’encaissement et professionnaliser la gestion des créances devient un levier stratégique pour préserver la trésorerie et sécuriser le développement.
FAQ
Quel pourcentage de petites entreprises envisagent de fermer à cause des retards ?
12 % des entreprises de moins de 50 salariés selon OpinionWay pour GoCardless.
La France est-elle un bon élève en Europe ?
Non. La France fait partie des pays ayant connu la plus forte dégradation des retards sur un an selon Altares.
Les retards ont-ils un impact économique réel ?
Oui. 9 entreprises sur 10 déclarent perdre de l’argent à cause des retards.
Comment limiter l’impact des retards ?
En structurant le suivi des encaissements et en professionnalisant la gestion des créances.



